Violence au Sahel : le rapatriement involontaire des réfugiés maliens au Burkina Faso

Violence au Sahel : le rapatriement involontaire des réfugiés maliens au Burkina Faso

Actualite 16 mars 2020 89 vues

La violence terroriste dans le Sahel alimente une mobilité effrénée des personnes en quête de leur sécurité. D'un pays à l'autre, changeant de statut (de réfugié à rapatrié), les populations sont victimes des mouvements forcés. Selon le Haut-Commisariat des nations unies pour les Réfugiés, environ 14.

000 personnes ont déjà fui leur foyer au Burkina Faso au cours de la seule période des 20 derniers jours. Ce qui porte à 780.000 le nombre total de déplacés internes.

D'après le HCR, les violences récentes ont forcé plus de 2.035 personnes à fuir vers le Mali voisin. Près de 700 réfugiés maliens sont déjà partis en direction de la région de Gao, au nord du Mali.

Les retours forcés encadrés par le HCR  

Le rapatriement volontaire des réfugiés est désormais la solution privilégiée par le Haut Commissariat des nations unies pour les Réfugiés. Il n’en a pas toujours été ainsi. Après la Deuxième Guerre mondiale, l’émergence du HCR dans le contexte des tensions Est-Ouest s’est d’abord construite sur le choix de l’intégration des réfugiés dans le pays d’accueil.

En Afrique, au lendemain des indépendances, les guerres qui éclatèrent dans les années 1960 et 1970 obligèrent à une révision de cette première approche au profit de la réinstallation dans un pays tiers. Dans les années 1980, la communauté internationale et le HCR évoluèrent à nouveau dans leur politique en matière de « solution durable » et se tournèrent résolument vers le « rapatriement volontaire ».

Le rapatriement volontaire, soutenu si nécessaire par l’aide au développement pour faciliter la réintégration durable, demeure la solution préférée par la plupart des réfugiés.

Ainsi, dès le début d’une situation de réfugiés, le HCR garde, sous « contrôle actif », la possibilité  d’un rapatriement volontaire pour l’ensemble ou une partie d’un groupe, jusqu’à ce que les circonstances rendent cette solution possible.

Les sont favorables pour le retour en sécurité et dans la dignité, le HCR joue, conformément à son mandat, un rôle de premier plan, en collaborant avec les États et d’autres partenaires pour promouvoir, faciliter et coordonner le rapatriement volontaire. Par exemple, les commissions tripartites se sont révélées être des mécanismes utiles pour la reconnaissance officielle des priorités pour les réfugiés et des barrières à leur retour, ainsi que la participation des réfugiés aux processus de planification et de paix.

Quand les réfugiés décident de rentrer chez eux, ils sont informés de « la situation sécuritaire instable dans leur lieu d’origine » ou d’autres régions de leur choix, avant d’y effectuer un retour librement consenti.

Au Mali, alors que les premiers retours s’effectuent, le HCR renforce sa présence dans les régions de N’tillit, Gossi, Gao et Tombouctou. 28 points d’enregistrement ont été ainsi identifiés pour suivre la situation aux points d’entrée et dans les zones d’accueil.

Une fois enregistrés, les rapatriés recevront une aide en espèces pour faciliter leur réintégration dans la dignité en réduisant leur vulnérabilité.

La situation d'(in)sécurité au Mali

Environ 70% parmi les 8.781 réfugiés qui vivent à Goudoubo ont choisi de quitter volontairement le camp, soit pour retourner au Mali (57%), soit pour être relocalisés dans d’autres villes au Burkina Faso (13%).

Le Burkina Faso accueille plus de 25.000 réfugiés maliens, mais beaucoup parmi eux choisissent de rentrer au Mali, et ce malgré l’insécurité qui y règne. En novembre 2019, le HCR avait été contraint de relocaliser temporairement son personnel depuis Djibo, une ville située au nord-est du pays.

Depuis lors, la distribution d’aide - notamment de vivres - aux 7.000 réfugiés hébergés dans le camp de Mentao y est sporadique.

 

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