La création de l'Ecole Nationale de l'Administration Locale, une avancée vers l'amélioration des performances locales

La création de l'Ecole Nationale de l'Administration Locale, une avancée vers l'amélioration des performances locales

Actualite 12 mars 2020 35 vues

M. Eric Mekinda Bilounga

Chef de Service de la Coopération entre CTD (FEICOM)


Le Chef de l’État a signé le 2 Mars 2020, le décret N°2020/111 du 02 mars 2020 portant création, organisation et fonctionnement de la National School of Local Administration (NASLA) soit l’École Nationale d'Administration Locale (ENAL).

En 77 articles repartis sur sept chapitres, le décret crée et précise l’organisation et le fonctionnement de ladite formation qui est un établissement public à caractère administratif et professionnel, dotée de la personnalité juridique et de l'autonomie financière.

Son siège est fixé à Buea. La NASLA est administrée par deux organes qui sont : le Conseil d'Administration et la Direction Générale. Le premier comprend 12 membres (parmi lesquels un représentant du FEICOM) et le second, le Directeur Général et le Directeur Général Adjoint.

Tous nommés par décret du Chef de l'État.

Au plan pédagogique, la formation initiale diplômante dispensée par l'Ecole Nationale d'Administration Locale comprend trois cycles accessibles par voie de concours comprenant des épreuves écrites et orales :

 ·        Cycle A destiné à la formation des cadres supérieurs de l'Administration Locale qui donne droit à un Diplôme de Cadre Supérieur de l'Administration Locale, (DCSAL) ;

·        Cycle B destiné à la formation des cadres moyens de l'administration locale et qui donne droit à Diplôme de Cadre Moyen de l'Administration Locale (DCMAL) ;

Cycle C destiné à la formation des agents spécialisés de l'administration locale qui donne droit au Diplôme d'Agent Spécialisé de l'Administration Locale, (DASAL).

            La durée de formation dans chaque cycle est de 2 ans.

Des sessions de formations spécifiques peuvent être organisées à l’intention des élus locaux, des personnes exerçant la tutelle de l’Etat et des responsables des services techniques et sociaux des CTD, du personnel des associations, des organismes ou de tout autre regroupement exerçant pour le compte des CTD. Il est à noter que toutes les activités pédagogiques sont encadrées par un Conseil Pédagogique et un Conseil des Enseignants qui sont des organes consultatifs chargés, pour le premier, d’émettre des avis et de formuler des propositions et, pour le second, d’accompagner le Directeur Général dans le domaine des enseignements. Ces enseignants sont choisis parmi les hauts fonctionnaires et cadres contractuels de l’Etat et des CTD, les enseignants du supérieur public ou privé ou toute personne ayant les qualifications et l’expérience requises.

            Ce texte marque l’aboutissement d’un processus de modernisation de l’ancien Centre de Formation pour l’Administration Municipale (CEFAM) qui, de l’avis général, était devenu obsolète au regard des avancées de la décentralisation et des besoins nouveaux en termes de compétences de management territorial. Il s’agit par ailleurs, d’une nouvelle action de mise en œuvre des dispositions du Code Général des CTD relatives à la Fonction publique Locale. En effet, la disponibilité en quantité et en qualité des ressources humaines au niveau local reste une des conditions de la réussite de ce processus.

Il est par ailleurs important que la NASLA sorte des sentiers battus et s’arrime véritablement aux thématiques actuelles qui interpellent les managers territoriaux, parmi lesquelles la planification et l’aménagement des villes, le financement et les infrastructures, le réchauffement climatique, l’économie sociale et circulaire, la mise en place de services et infrastructures urbains efficaces, ou la femme au cœur des enjeux des villes durables. D’où la nécessité de mettre à jour le Référentiel des principaux métiers dans l’administration communale élaboré en 2008 et actuellement en vigueur dans l’identification des curricula de formation du CEFAM.

           

MOTS-CLÉS

Décentralisation Cameroun